Projet de la nouvelle réforme pour le Lycée Professionnel

Réforme : Quel avenir pour les lycéens professionnels ?

La « réforme » de l’enseignement professionnel présentée par Blanquer le lundi 28 mai ressemble étrangement à la « rénovation » de la voie professionnelle mise en oeuvre par Darcos en 2008 et qui s’est traduite par la généralisation du Bac pro 3 ans. Il y a d’abord la façade et le vocabulaire : « valorisation de l’enseignement professionnel », « meilleure cohérence des filières professionnelles en créant des passerelles supplémentaires », «enrichissement de l’offre de formation », « développement des lycées des métiers », « élévation du niveau de qualification » ; « excellence de la voie professionnelle », « levier de réussite pour l’avenir du pays », « le LP, un catalyseur de promotion », « des campus des métiers, les Harvard des pros, avec piscine, internat et pelouses arborées » « les PLP pourront enseigner en BTS » en 2018 (bis repetita)…Et tout cela relayé en choeur par des médias.

 Mais il ya le fond : comment faire des économies de service public au profit du secteur privé et de l’apprentissage ! Le pire dans tout cela, c’est que cette politique est accueillie avec bienveillance de la part de quelques organisations syndicales dont la priorité n’est pas l’avenir des collègues en privilégiant l’accessoire à l’essentiel !

Commençons par le fond des annonces Blanquer :

1– baisse drastique des heures pures de français/LG/EC (de 380 heures sur 3 ans à 267), de mathématiques (de 349 à 140) et de LV1 (de 349 à 265) !!! Tout cela au profit de quelques heures d’enseignements en co-intervention qui ne combleront pas toutefois cette chute vertigineuse ! Un dispositif en plus où la dotation sera globalisée et sa gestion sera mise sur le compte de l’autonomie de l’établissement. Dans la totalité des enseignements, c’est – 10 à – 13 % en bac pro et de – 7 à – 11 % en CAP !!!

2– déprofessionnalisation de la seconde pro avec création d’une quinzaine de familles de métiers. Tout cela pour décourager les élèves et les profs et favoriser l’apprentissage et le patronat en réduisant à 2 ans la véritable formation pro ! Va falloir aussi nous dire comment l’on fait dans des lycées où les familles de métiers ne sont pas toutes représentées (on se rapproche des champs professionnels des Segpa) ! Et que dire à un élève qui souhaite une poursuite d’études dans le champ découvert mais dont la spécialisation se trouve à 100 kms ! Et tout cela vient au moment où l’article 11 du projet de loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » demande aux lycées professionnels la publication chaque année du taux d’insertion professionnelle des élèves…

3– ouverture de sections d’apprentissage dans tous les LP…et comme le dirait le ministre, « les lycées professionnels ont tout intérêt à développer des sections par apprentissage » ! Conseil ou menace ???

4– 2 ou 3 campus d’excellence…par académie !!!!!!!!

Regardant de près le projet de grille horaire Bac  Pro et CAP des élèves :

Reforme 1 reforme 2